J N Darby – Lettre No. 101

Toronto, septembre 1867

A M. P.

Bien cher frère,

J N Darby
John Nelson Darby

Je vous remercie de cœur de votre sollicitude à mon égard. Je suis beaucoup mieux, grâce à Dieu ; ma tête est encore éprouvée, seulement la moindre fatigue de cerveau me donne des maux de tête. J’avais trop travaillé, et peu soigné mon corps ; puis une attaque inflammatoire m’a trouvé sans force ; pendant deux jours, je pensais que je pourrais succomber, mais Dieu en a décidé autrement dans ses desseins de grâce ; une fois la fièvre passée, j’ai dû me nourrir mieux que je ne l’avais fait. J’ai pu prendre part à la conférence de Guelph qui a été bénie plus qu’à l’ordinaire ; même nous avons eu passablement de nouveaux venus de l’est des Etats-Unis ; quelques-uns affranchis quant à leur position ; un ou deux seulement quant à leur âme…

Les Indiens vont bien ; le nombre des frères a augmenté, deux ou trois s’occupent de l’œuvre au milieu de leurs compatriotes. La langue est un obstacle, mais on voit clairement que l’œuvre est de Dieu, car il y a eu peut-être plus de progrès parmi eux qu’autre part, sans que nous puissions parler leur langue et sans qu’ils aient une Bible qui vaille quelque chose ; ils ont une traduction, mais si mauvaise qu’on ne s’en sert pas. 26 d’entre eux rompent maintenant le pain. L’œuvre est intéressante à New-York et à Boston, mais exerce la patience. Toutefois, un assez grand nombre d’âmes ont trouvé la paix, et la vérité se répand…En plus d’un endroit on commence à se réunir, c’est en partie le fruit de la conférence de Guelph dont l’influence, comme je l’ai dit a été fort bénie pour les âmes.

Ainsi la vérité se répand dans les Etats-Unis, mais la puissance de rassemblement est encore petite parmi les Américains-nés. Les soi-disant églises sont un grand obstacle ; on y tient ; il ne s’agit pas de chrétiens ; la plupart des membres ne le sont pas, et ceux qui le sont vont au théâtre et à tout le reste, comme règle générale ; seulement une personne qui ne fait pas partie d’une église est censée être ouvertement incrédule, ou vouloir vivre sans frein en dehors de la partie respectable de la société. Mais Dieu est au-dessus de tout cela, et déjà l’on s’aperçoit que nous voulons quelque chose de bien plus décidé que leur marche, et non pas une vie déréglée. Dieu agit, et il faut s’attendre à lui. Je crois que le témoignage est planté et s’enracine. Les frères ont pris des mesures pour avoir des dépôts de traités et de livres…

En général, grâces à Dieu, j’ai de bonnes nouvelles de France, de Suisse, d’Angleterre, d’Irlande, de l’Ecosse aussi qui avait été jusqu’ici très fermée. Les frères vont bien, leur nombre augmente rapidement ; je crains un peu en Irlande l’influence d’une quantité de jeunes demoiselles (quelques-unes cependant bien dévouées) et de jeunes messieurs encore en relation avec des familles mondaines. Au reste, la bénédiction est évidente, ainsi que les besoins de beaucoup d’âmes. Pour toutes les difficultés, le Seigneur suffit, que ferions-nous sans cela ? – La Parole m’est toujours plus précieuse, – la vérité.

J’espère que la venue du Seigneur garde toute sa puissance dans votre cœur, – que vous l’attendez. Saluez tous les frères.

Votre bien affectionné.

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